Ressource · Head of AI et CAIO

DSI et responsable IA : qui décide quoi ?

Si tout passe par vous, vous êtes le goulot. Si rien ne passe par vous, la DSI découvre vos agents par un ticket d'incident.

Entre les deux, il existe une sortie simple : une matrice d'une page, signée par le responsable IA et par la DSI, puis validée en comité de direction. Cette page explique pourquoi elle manque, et comment la faire adopter en 7 étapes.

Par Sébastien Lery, CEO, corai by Baker Park

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Visuel du kit : DSI et responsable IA : qui décide quoi ?

Vous êtes nommé pour mettre l'IA en production. Trois choses vous en empêchent.

Ces trois blocages reviennent dans nos échanges avec les Head of AI et les CAIO de grands groupes et d'ETI. Cette ressource traite le troisième.

  • « On me demande un ROI. Je ne peux montrer que des usages. » Sans KPI posés avant le lancement, vous présentez de l'usage. Et l'usage ne prouve pas la valeur.
  • « Le cas est prêt. Il attend sa mise en production. » Vous n'avez pas la main sur l'infrastructure. Chaque changement, même un prompt, repart pour un cycle complet.
  • « Tout passe par moi. Je suis devenu le goulot. » Chaque direction a sa feuille de route IA et attend votre arbitrage. Votre équipe grandit moins vite que leurs idées, et le shadow AI comble l'attente.

Le problème n'est pas qui pilote l'IA. C'est que personne n'a écrit qui signe.

Les chiffres disent la même chose : peu de cas d'usage tiennent leur promesse, et peu d'organisations passent l'IA à l'échelle au-delà d'une direction.

Les référentiels de risque vont dans le même sens. Le NIST AI RMF (Govern 2.1) demande que les rôles et responsabilités liés aux risques IA soient documentés et clairs pour chaque équipe. L'OWASP classe l'excès d'autonomie d'un agent (LLM06:2025 Excessive Agency) parmi les risques majeurs : ses droits d'accès sont une décision de gouvernance.

Vous pilotez la valeur. Chaque agent, lui, vit dans le SI. Il faut donc deux signatures, et que chacune porte sur la bonne question.

28 %

des cas d'usage IA en infrastructure et opérations atteignent pleinement le ROI visé.

22 %

des organisations ont passé l'IA à l'échelle sur plusieurs directions métiers.

Sources : Gartner, avril 2026, 782 responsables infrastructure et opérations · Gartner, septembre 2026, 1 303 organisations

Les 3 erreurs que l'on voit le plus

Ce que nous avons vu dans un grand groupe : chaque direction avait choisi ses outils IA, personne ne tenait le portefeuille. Seule une petite partie des opportunités identifiées a vu le jour. Ni la technologie ni le budget n'étaient en cause. Il manquait une règle : qui décide.

  • Tout centraliser pour garder le contrôle. Le portefeuille avance alors à la vitesse de votre agenda, et les directions métiers contournent.
  • Laisser la DSI payer la facture. Elle devient malgré elle le contrôleur de gestion de l'IA. Un coût lu sans la valeur en face sert d'argument pour tout arrêter.
  • Croire que le partage va de soi. Rien n'est écrit, donc tout se négocie au cas par cas. Le shadow AI devient la stratégie par défaut.

Le principe : vous signez la valeur, la DSI signe le socle

Deux questions suffisent à répartir les rôles. « Est-ce que ça vaut le coup ? » relève du responsable IA : priorités, cas d'usage, indicateurs métier, mise en production, retrait d'un agent qui ne crée pas de valeur.

« Est-ce que ça tient en production ? » relève de la DSI : modèle et hébergement, accès aux données, droits d'accès, revue de sécurité, coupure d'urgence.

Quand chaque décision porte le bon nom, le comité arrête de négocier. Il décide. Une matrice d'une page, validée en comité de direction, règle plus de conflits qu'une réorganisation.

La méthode : la matrice signée en 7 étapes, sans réorganisation

La méthode part de 13 décisions IA types, à compléter avec celles de votre organisation.

  1. 01

    Lister les décisions, pas les sujets

    Une décision commence par un verbe. « La donnée » est un sujet ; « ouvrir à un agent l'accès au CRM » est une décision.

  2. 02

    Trier : valeur ou socle

    Une seule question par ligne : est-ce que ça vaut le coup, ou est-ce que ça tient en production ? Une ligne qui répond aux deux se coupe en deux.

  3. 03

    Laisser à la DSI ses 4 décisions socle

    Modèle et hébergement, accès aux données, identité et droits des agents, revue de sécurité : son avis y est bloquant. Un agent validé par la DSI se défend mieux en comité de direction.

  4. 04

    Obtenir une voie rapide

    Un veto sans alternative fabrique du shadow AI. Demandez un catalogue de modèles, d'outils et de connecteurs validés : tout cas qui y reste part sans nouvelle revue d'architecture.

  5. 05

    Écrire la porte de production

    Une checklist commune de six preuves, de l'indicateur métier au plan de retrait, signée par vous et par la DSI. Pas de production sans les deux signatures.

  6. 06

    Mettre le coût en face de la valeur

    La DSI mesure le coût d'inférence agent par agent, vous le lisez face à la valeur produite. Chaque direction métier voit sa part, et la DSI n'est plus le guichet des factures.

  7. 07

    Tenir le comité IA mensuel

    Une heure par mois : vous animez, la DSI tient les points socle, les directions concernées sont à la table. Toute décision prise entre dans la matrice.

5 signaux que votre gouvernance IA dérape

Si l'un de ces signaux vous parle, une ligne de la matrice manque ou n'a pas de responsable clair. Le kit relie chaque signal à sa cause.

  • Un agent est découvert en production par un ticket ou un incident.
  • Une direction métier signe un contrat d'outil IA sans passer par la DSI.
  • Le comité IA parle de cas d'usage, jamais de droits d'accès ni de coût.
  • Personne ne sait dire ce qu'a coûté l'inférence le mois dernier.
  • Vous attendez des semaines un accès aux données.

[ Le kit complet ]

Le kit complet, à dupliquer avant votre prochain comité

Tout ce qu'il faut pour arriver en comité avec une proposition, pas une question. Envoyé par email, prêt à adapter à votre organigramme.

  • La matrice RACI des 13 décisions IA, en Excel compatible Google Sheets, avec contrôle automatique de chaque ligne
  • La porte de production en 6 preuves
  • La règle qui tranche les désaccords entre responsable IA et DSI
  • Les 10 questions à poser à votre DSI avant le comité
  • Les 5 signaux d'alerte, chacun avec sa cause
  • L'ordre du jour type du comité IA mensuel
  • 2 prompts pour adapter la matrice et passer un projet au crible avant production
Recevoir la matrice

Offert. Le lien arrive par email.

Questions fréquentes

Quel rôle pour le responsable IA face à la DSI ?

Le responsable IA signe la valeur : priorités, cas d'usage, indicateurs métier, mise en production et retrait d'un agent. La DSI signe le socle : modèle, hébergement, accès aux données, droits d'accès et sécurité.

Qui décide de la mise en production d'un agent IA ?

Le responsable IA arbitre, la DSI est consultée avec un avis de sécurité obligatoire. Le passage se fait sur une checklist commune de six preuves, signée par les deux.

Qui peut couper un agent IA en production ?

La DSI. En cas d'incident ou de fuite de données, la coupure ne se discute pas : la DSI coupe, puis informe.

Comment éviter le shadow AI dans les directions métiers ?

En évitant le veto sans alternative. Un catalogue de modèles, d'outils et de connecteurs validés par la DSI donne une voie rapide : tout cas qui y reste part sans nouvelle revue d'architecture.

Qui doit suivre le coût d'inférence de l'IA ?

La DSI le mesure agent par agent. Le responsable IA le lit face à la valeur produite, et chaque direction métier voit sa part.

Faut-il une réorganisation pour gouverner l'IA ?

Non. Une matrice d'une page qui dit qui signe chaque décision, validée en comité de direction, puis un comité IA mensuel d'une heure pour la tenir à jour.